Jean Calvin

Portraits

Jean Calvin : sa vie, l’Institution chrétienne, Genève, la formation des pasteurs et l’héritage des Églises réformées.

Portrait · réformateur

Portrait de Jean Calvin (école française du XVIe siècle)

Jean Calvin

1509 – 1564 · Noyon, puis Genève · à Dieu seul la gloire

  • Naissance10 juillet 1509, Noyon (Picardie)
  • Lieu d’actionGenève, après Paris, Bâle et Strasbourg
  • Ce qu’il a laisséL’Institution chrétienne, l’Académie de Genève, les Églises réformées et huguenotes

Français de Noyon, formé au droit et aux lettres, Calvin est gagné à la Réforme vers 1533 — « Dieu subjugua mon cœur et le rangea à la docilité », écrira-t-il seulement. Après l’affaire des Placards (1534), il fuit la France. En 1536, à vingt-six ans, il publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne, premier exposé d’ensemble de la foi réformée, qu’il traduit lui-même en français en 1541 — faisant de sa langue une langue de théologie.

Retenu à Genève par Guillaume Farel, chassé en 1538, marié à Strasbourg à Idelette de Bure, il revient en 1541 et organise l’Église pour durer : pasteurs, docteurs, anciens et diacres, un culte centré sur la prédication et le chant des Psaumes en français. Son ministère a aussi ses ombres : le procès de Michel Servet, brûlé à Genève en 1553 avec l’approbation des autorités et de Calvin, le rappelle. En 1559, il fonde l’Académie de Genève, qui forme des pasteurs pour toute l’Europe.

Des dizaines d’entre eux repartent clandestinement vers la France : dès 1555, les premières Églises réformées « dressées » apparaissent — Paris, Meaux, Poitiers —, et en 1559 le premier synode national adopte une confession de foi. Épuisé, Calvin meurt en 1564, demandant une tombe sans nom. De lui viennent les Églises réformées et presbytériennes du monde entier, et les huguenots dont ce dossier suit l’histoire.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Calvin a donné aux Églises issues de la Réforme ce qui leur permettait de tenir sans le soutien d’un prince : une confession de foi, des ministères partagés, des pasteurs formés. Les Églises réformées évangéliques d’aujourd’hui — et, plus largement, toute Église qui élit un conseil et forme ses pasteurs — héritent de Genève.

« Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta fidélité ! »

— ce que la Réforme a résumé en trois mots : Soli Deo gloria, à Dieu seul la gloire
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Son rôle à GenèveUn pasteur, des institutions et une ville en Réforme

Lorsque Calvin arrive à Genève en 1536, la ville a déjà choisi la Réforme. Guillaume Farel le retient pour participer à son organisation. Expulsé en 1538, Calvin revient en 1541 : son influence s’affirme au fil des conflits et des négociations avec les autorités de la cité.

Les Ordonnances ecclésiastiques répartissent les responsabilités entre pasteurs, docteurs, anciens et diacres. Prédication, enseignement, discipline et assistance donnent ainsi une structure à la vie de l’Église. L’Académie fondée en 1559 contribue à former des pasteurs dont l’activité dépasse largement Genève.

Distinguer les responsabilités

Calvin exerce une autorité religieuse importante ; les conseils de la ville conservent le pouvoir civil. Cette distinction ne supprime pas les contraintes religieuses de l’époque : Calvin approuve la condamnation de Michel Servet, exécuté en 1553 par les autorités genevoises.

Sources : Musée protestant, Jean Calvin (1509–1564) ; Jean Calvin, document pour les enseignants (PDF).

Comprendre ses principales idéesLa grâce, l’Écriture et la vie chrétienne

Dans l’Institution de la religion chrétienne, Calvin présente une compréhension de la foi centrée sur Dieu et sur sa grâce. Le salut reçu en Jésus-Christ ne se gagne pas par les œuvres : la justification est reçue par la foi. L’Écriture constitue pour lui la référence décisive de l’enseignement chrétien.

Il cherche aussi à organiser une communauté instruite dans cette foi : prédication, catéchisme, chant des Psaumes et formation des ministres accompagnent son travail théologique.

Situer la prédestination

Calvin enseigne la double prédestination, concernant le salut et la réprobation, pour affirmer que le salut dépend de Dieu. Cette doctrine a suscité des débats : elle constitue une interprétation théologique au sein de l’histoire chrétienne, et ne résume pas à elle seule toute son œuvre.

Sources : Musée protestant, La doctrine de Jean Calvin ; Jean Calvin (1509–1564).

Points communs et différences avec LutherUne même Réforme, plusieurs développements

Luther et Calvin partagent l’affirmation du salut par grâce, reçu par la foi, et l’autorité de l’Écriture. Calvin appartient à la génération suivante : il reprend des convictions de la Réforme et les développe dans un autre contexte.

La Cène fait apparaître une différence importante. Luther affirme la présence réelle du corps et du sang du Christ avec le pain et le vin. Calvin insiste sur une participation réelle au Christ par l’action du Saint-Esprit : sa compréhension ne se réduit donc pas au souvenir symbolique d’un absent.

Relier les portraits aux familles

Ces différences éclairent l’histoire des Églises luthériennes et des Églises réformées. Le portrait de Martin Luther permet de reprendre la comparaison depuis ses propres questions.

Sources : Musée protestant, La doctrine de Jean Calvin ; Jean Calvin, rubrique « La Cène » (PDF).

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Sources et repères

Bibliographie du parcours

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

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