Les assemblées de Frères

Familles d’Églises

Les assemblées de Frères : origines britanniques, Darby, courants ouverts et exclusifs, CAEF et présence en France.

John Nelson Darby

Les assemblées de Frères — CAEF et courant darbyste

  • CAEFunion, XXe s.
  • Frères « larges »dès 1848
  • J. N. DarbyPlymouth, 1832 ; Suisse, 1837
  • Frères de Dublin1827
  • Réforme1517
Le mouvement des Frères naît à Dublin en 1827, indépendamment du Réveil de Genève qu’il ne rencontrera qu’en Suisse romande. Ancien prêtre anglican irlandais, John Nelson Darby y prêche à partir de 1837, puis en Ardèche et dans le Midi, une Église sans clergé institué, rassemblée chaque dimanche autour de la Cène, où tout frère peut prendre la parole. Le mouvement se divise en 1848 entre « Frères étroits » (darbystes stricts) et « Frères larges », ouverts à la coopération avec les autres évangéliques.
Les assemblées issues des Frères larges se sont fédérées en France dans les CAEF (Communautés et assemblées évangéliques de France), très actives dans l’implantation d’Églises et les œuvres bibliques. C’est aussi à Darby que l’évangélisme mondial doit la diffusion de la lecture « dispensationaliste » de la prophétie.

Repères complémentaires

Vie de l’assemblée

La direction locale est collégiale, généralement confiée à une équipe d’anciens. Le culte valorise la participation, les dons de chacun et la sainte cène.

Autonomie et coopération

La gouvernance demeure congrégationaliste, mais les Églises coopèrent pour la formation, la mission, la jeunesse, l’entraide et l’implantation de nouvelles communautés.

Une distinction importante

Les CAEF héritent surtout des « Frères larges », ouverts à la coopération évangélique ; ils ne se confondent pas avec toutes les assemblées darbystes dites « étroites ».

Source du complément : CAEF — caef.net

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202628 / 49

Précision de lecture — Deux dates à ne pas confondre

1837 est l’année de l’arrivée de J. N. Darby en Suisse romande. La division entre « frères étroits » (exclusifs) et « frères larges » (ouverts) intervient en 1848, à la suite de l’affaire de Bethesda, à Bristol — c’est la date que porte la page.

POUR ALLER PLUS LOIN

Pour approfondir

Trois repères pour mieux comprendre les Assemblées de Frères.
Ouvrez les sujets qui vous intéressent, à votre rythme.

Les différents courantsFrères ouverts, courants exclusifs et héritage des CAEF

Le mouvement des Frères prend forme au XIXe siècle à partir de plusieurs groupes de chrétiens. Il connaît une division majeure en 1848, lors de la controverse autour de l’assemblée de Bethesda, à Bristol. Le désaccord concerne notamment la reconnaissance de la communion avec d’autres assemblées.

Les Frères ouverts, ou larges, accueillent à la communion des croyants venant d’autres dénominations, selon les conditions reconnues localement. Les courants exclusifs issus de la ligne de Darby développent des règles de séparation et de reconnaissance entre assemblées plus strictes. Ils connaissent ensuite plusieurs divisions.

Situer les CAEF

Les Communautés et Assemblées évangéliques de France se rattachent à l’héritage des Frères ouverts. Elles ne représentent pas tous les groupes issus du mouvement des Frères. « Darbyste », « Frères » et « CAEF » ne sont donc pas des noms interchangeables.

Sources : Jean-Pierre Bory, Histoire des C.A.E.F. (4), 1996 ; Reynald Kozycki, Repères dans l’histoire des Assemblées de Frères, 2010 — présentations issues du courant des CAEF.

Fonctionnement et pratiquesResponsabilités partagées, vie locale et communion

Dans les CAEF, la direction de l’Église repose sur un conseil d’anciens. Certaines communautés ont un pasteur, considéré comme ancien parmi les anciens. La responsabilité locale s’accompagne de relations avec d’autres Églises et de projets communs : autonomie ne signifie pas absence de coopération.

La lecture et l’explication de la Bible, la prière et la Cène occupent une place importante. Dans la confession de foi du Réseau FEF publiée par les CAEF, le baptême exprime publiquement la foi personnelle du croyant ; la Cène rappelle et proclame la mort du Christ, et exprime la communion des croyants.

Une description située

Ces repères décrivent ici le fonctionnement revendiqué par les CAEF. Ils ne doivent pas être appliqués automatiquement à toutes les assemblées portant le nom de « Frères ».

Sources : Reynald Kozycki, Repères dans l’histoire des Assemblées de Frères, 2010 ; Confession de foi du Réseau FEF, article 9 (PDF publié par les CAEF).

Ce qui varie selon les assembléesLire un héritage commun sans supposer l’uniformité

Les CAEF présentent elles-mêmes leur histoire comme une rencontre d’influences diverses, unies par une confession de foi commune et par l’importance de la collégialité. Connaître la famille historique d’une Église donne des repères, mais ne suffit pas à décrire toute sa vie actuelle.

Pour comparer deux assemblées concrètes, on peut examiner plusieurs éléments :

  • La conduite de l’Église : qui assume les responsabilités et comment les décisions sont-elles prises ?
  • La vie du culte : comment se répartissent prédication, prière, chant et participation de l’assemblée ?
  • La communion : quelles conditions sont expliquées aux visiteurs pour participer à la Cène ?
  • Les relations extérieures : à quelle union ou à quel réseau la communauté se rattache-t-elle, et avec qui coopère-t-elle ?
Pour une comparaison juste

Il est utile de lire la présentation et les engagements publiés par chaque communauté. Les pratiques d’une assemblée particulière ne permettent pas de conclure que toutes les autres fonctionnent de la même manière.

Source de contexte : Jacques Nussbaumer, Une diversité en mouvement, Com’Union, 2020. Les questions ci-dessus constituent une grille de lecture proposée pour comparer les communautés.

Vous pouvez refermer chaque rubrique et poursuivre le parcours.

Sources et repères

Bibliographie du parcours

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

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